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institut européen des itinéraires culturels
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Sorina Capp
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26 Juin 2007
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Le continent européen est en mouvement permanent. Les migrations l'ont façonné à travers le temps en lui donnant son visage d'aujourd'hui. A travers cet itinéraire, nous vous proposons de découvrir l'Europe de l'Autre.
Ville(s): Dudelange
Département(s): Dudelange
Région(s): Dudelange
Pays: Grand-Duché de Luxembourg
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Situer Dudelange |
Nous vous proposons de découvrir temps d’un week-end l’itinéraire du patrimoine des migrations, à Dudelange (Grand-Duché de Luxembourg). L’opportunité de cette visite est offerte par une exposition remarquable, proposée par le Centre de Documentation pour les Migrations Humaines (CDMH) et le C.L.A.E. : « Retour de Babel ».
Le CDMH est le centre coordinateur de l’itinéraire européen du patrimoine des migrations, élu récemment par le Conseil de l’Europe. Mais à Dudelange, le patrimoine des migrations est lié étroitement à l’itinéraire du patrimoine industriel.
Le sud-ouest du Grand-Duché de Luxembourg est connu sous le nom de «Terres Rouges» à cause des roches ferrugineuses qui forment son paysage. C’est une région qui a beaucoup contribué aux richesses du Grand-Duché car l’activité minière et sidérurgique a été florissante, avec un essor formidable au XIXème siècle. Même si à présent l’activité minière a cessé complètement et la nature a repris ses droits, la région garde les traces de son passé industriel.
La Ville de Dudelange est située au Sud du Grand-Duché de Luxembourg, à la frontière franco-luxembourgeoise, sur l’axe auto-routier reliant le Luxembourg à la France, à la Belgique et à l’Allemagne.
Deuxième ville des Terres Rouges après Esch-sur-Alzette, Dudelange, dite la Forge du Sud, est située au pied du Mont Saint Jean.
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Autour de la Gare Usine |
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Les origines de Dudelange peuvent être retracées jusqu’à l’époque des Celtes et des Romains, il y a plus de 2000 ans. Durant le Moyen-Âge, le village de Dudelange ne compte pas plus de 250 habitants. Ils sont occupés essentiellement à des tâches rurales et artisanales. Pour mieux se protéger contre d’éventuels agresseurs et assurer la protection de leurs sujets, les seigneurs de Gymnich font construire un château-fort au Mont St Jean (aux environs de 1464). Il faut attendre le milieu du XVIIIème siècle pour voir s’installer quelques petites industries telles qu’une brasserie, une tannerie, des distilleries et des huileries. La découverte de gisements de minerai de fer en 1881 sur le territoire de Dudelange et, par la suite, l’installation d’une usine sidérurgique, vont constituer des facteurs déterminants pour le développement de la localité.
Le 4 août 1907, Dudelange est élevée au rang de Ville, sa population étant passée en trois décennies de 1.500 à 10.000 habitants. A la suite de la crise dans le secteur sidérurgique au milieu des années ’70 et à la fermeture du Laminoir de Dudelange en 2005, une reconversion urgente et fondamentale va s’imposer.
En 2007, la ville de Dudelange fête son centenaire et fait preuve d’un dynamisme qu’on peut mesurer au jour le jour par tous les changements positifs autant au niveau économique, que social et culturel.
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Dans le dédale de la citoyenneté |
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ReTour de Babel |

Venir de partout et entrer |
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Itinéraire à Dudelange |
Vous pouvez arriver à Dudelange soit par le train Luxembourg Ville - Dudelange, descendre à Gare Usines, soit par la voiture (voir liens à droite de la page). Nous vous proposons de commencer l'itinéraire en visitant le Centre de Documentation sur les Migrations Humaines qui se trouve dans l'ancienne gare (Gare Usines), à côté du quartier connu sous le nom "la Petite Italie". Au CDMH vous pouvez consulter des livres, des documents, des magazines ou visionner des films et des documentaires sur le thème des migrations. Le CDMH propose également des expositions temporaires.
On continue la visite avec La Petite Italie, un quartier qui est né vers la fin du XIXème siècle et qui s'est développé au cours du XXème siècle avec l'industrialisation luxembourgeoise.
La Petite Italie a été habitée et animée pendant des décennies par une population d'immigrants italiens, venus pour travailler à l'usine ou dans les mines. Sur ce petit territoire, ces ouvriers et leurs familles ont recréé des ambiances, des coutumes et même des solutions d'habitat directement influencées par la culture méditerranéenne.
À partir du début des années 1970, le quartier a peu à peu été investi par les nouveaux immigrants portugais. En parallèle, les familles italiennes ont progressivement quitté les lieux - une prospérité acquise au cours de 50 ans de labeur leur permettant d'acquérir des logements plus luxueux dans des quartiers moins 'ouvriers'. Très vite, la Petite Italie s'est trouvée majoritairement habitée par des Portugais. Ainsi on peut voir à travers un seul quartier, les migrations qui se sont suivies et qui ont laissé leur empreinte sur les lieux et les bâtiments.
Pour rester dans l'histoire des migrations à Dudelange, on peut visiter, non loin de la Petite Italie un autre quartier, peut-être un peu moins connu mais tout aussi important pour comprendre la cohérence de la ville, le "Quartier Schmelz", qui a été habité surtout par des immigrés belges et allemands.
En fait l'usine sidérurgique de Dudelange a été le facteur déclencheur du flux migratoire et les moyens de transport étant peu développés, les ouvriers voulaient rester près de leur lieu de travail, ce qui explique la proximité avec l'usine des deux quartiers "La Petite Italie" et "le Quartier Schmelz".
Une exposition sur "le Quartier Schmelz" est proposée en complément de "Retour de Babel", au Hall Fondouq (Salle des spectacle annexe à "Retour de Babel"), images et textes par Daniela Dario.
Dans ce quartier vous pouvez notamment découvrir l'église Saint Eloi, unique en son genre.
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Petite Italie |

Sergio Rodriguez - Retour de Babel |
Après le CDMH, la Petite Italie et le Quartier Schmelz, on peut enfin découvrir l'exposition "Retour de Babel", qui a été mise en place dans le cadre du programme "Luxembourg et Grande Région, capitale européenne de la culture 2007".
Cette exposition présente les portraits et les itinéraires de plusieurs personnes, des itinéraires de vies, partage des mémoires et questionne la notion de citoyenneté.
Le mythe biblique de la Tour de Babel présente la diversité comme une punition divine à l'égard de l'arrogance des humains qui souhaitaient construire une tour qui montât jusqu'au ciel. Carrefour de routes et de cultures, le Luxembourg et la Grande Région sont depuis longtemps marqués par la diversité à travers des phénomènes migratoires anciens, riches et complexes. L'exposition Retour de Babel se propose de questionner le châtiment babylonien en faisant comprendre le rôle fondamental des migrations dans le développement économique, social et culturel de cet espace transfrontalier. En remontant le fil de l'histoire jusqu'au milieu du XVIIIe siècle elle tente d'expliquer comment les migrations relient cette région aux quatre coins de la terre et l'inscrivent dans un monde en constante mutation.
De l'émigration du Luxembourg à l'immigration au Luxembourg, c'est à travers des portraits, des histoires de vie individuelles, familiales, sociales que le phénomène global et anonyme des migrations est présenté à échelle d'homme.
Il s'agit de faire comprendre que les personnes venues ou parties en migration ne sont pas d'éternels voyageurs sans attaches, mais des êtres qui emportent dans leurs bagages la mémoire et la culture d'un lieu de départ tout en étant au quotidien, avec dignité, aux prises avec les exigences d'une société d'accueil.
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Des projets pour les jardins de Dudelange |
Le Centre de Documentation des Migrations Humaines collabore avec le département d'architecture de l'Université de Miami pour retrouver les jardins des migrations.
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Art et patrimoine |
Du patrimoine religieux aux galeries d'art, la ville propose des trésors artistiques de grande qualité.
Il s'agit d'abord de L'église Saint Martin de Dudelange, qui est la plus grande église du Grand-Duché de Luxembourg, après la cathédrale de la capitale.
Dans l'église Saint Martin vous pouvez voir notamment l'orgue Stahlhuth / Jann.
L'orgue de Saint-Martin de Dudelange fut construit en 1912 par le facteur d’orgues Georg Stahlhuth (1830-1913) et son fils Eduard Stahlhuth (1862-1916), disciples de Joseph Merklin.
D'origine allemande et établis en Allemagne (près d’Aix-la-Chapelle), Georg et Eduard Stahlhuth connaissaient parfaitement la facture d'orgues romantique allemande. De formation belge et française, ils suivaient de près le développement de la facture d'orgues symphonique française.
Enfin, les commandes en Angleterre et en Irlande leur permettaient de faire connaissance avec l'esthétique romantique anglaise. C'est ainsi qu'ils comptaient parmi les rares facteurs d'orgues de l’époque capables d'intégrer des éléments des esthétiques française et anglaise dans les orgues d'esthétique allemande.
Ainsi ils étaient des défenseurs des idées «européennes» en matière d’orgues d'Albert Schweitzer sur lesquelles reposait le cahier de charge pour la construction de l’orgue en 1912.
Toujours dans l'église Saint Martin, vous trouverez "le chemin de croix", par un peintre local peu connu à l'étranger, mais qui devrait faire l'objet d'une redécouverte : Dominique Lang.
Au centre ville de Dudelange, n'hésitez surtout pas à entrer à l'Hôtel de ville (ouvert aux heures de bureau) où vous pouvez admirer la fresque du centenaire par l'artiste Jean Biwer (2006) et la montée de l'escalier avec des frises par Marc Henri Reckinger (voir le site de l'hôtel de ville en lien à droite de la page).
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Fresque Jean-Marie Biwer - 2007 - Photo Raphael Maass |
Né à Dudelange en 1957, le créateur Jean-Marie Biwer travaille toujours au Grand-Duché deLuxembourg.
Autodidacte, artiste surprenant, Jean-Marie Biwer exerce une sorte de quête du quotidien. De nombreux voyages ont élargi son horizon européen: France, Hollande, Allemagne, Espagne ou Italie. Il a participé à de nombreuses manifestations en Europe et en Asie. Notamment à «Eighty — les peintres de l’Europe des années 80» (1987-1989), une exposition itinérante présentée dans les principales capitales européennes.
"En 1993, il représente le Luxembourg, aux côtés de Bertrand Ney, à la Biennale de Venise avec des séries de nus, de natures mortes et de paysages, des genres picturaux développés dans l’histoire de l’art et qui sont pour Biwer des «miroirs du monde tel que je le perçois». Enfin, la peinture de Biwer oppose aux images véhiculées par les médias réflexion, complexité et subtilité."(extrait du site du Musée d'Art Moderne Grand Duc Jean).
Pour les amateurs d'art, quelques galeries proposent des expositions intéressantes tout au long de l'année 2007 sur le thème des migrations (voir lien à droite de la page).
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Patrimoine gastronomique et migrations |
Des cafés et restaurants liés au thème des migrations vous offrent encore aujourd'hui à Dudelange une saveur à part, des aromes du Portugal, d'Italie, de France ou de Belgique...
Si vous restez dormir à Dudelange, essayez l'hôtel Cottage (voir lien à droite de la page), qui vous proposera également une cuisine italienne car le patron est originaire du Lago Maggiore ! Plat du jour à 10 euros en semaine, spécialités italiennes, buffet d'antipasti, poissons, pâtes et pizzas. Très bon rapport qualité - prix.
Ou si vous prenez votre déjeuner près de la Petite Italie, n'hésitez pas à entrer chez "Gigi l'amoroso", (rue Tattenberg) qui vous proposera ses pizzas et pâtes de l'Italie du Sud.
Il y a également des petits restaurants et cafés portugais, comme le Café Inês (rue Gare Usines, quartier Petite Italie). Si vous faites attention lors de la visite de l'exposition "ReTour de Babel", vous découvrirez que l'un des portraits de migrant de l'expo est celui de la propriétaire de ce café. Une occasion pour tester sur le vif les impressions d'une portugaise au Luxembourg.
Au Quartier Schmeltz, le café Benfica (rue Volmerange) a la particularité d'être une ancienne salle de bal, puis de théâtre, un lieu intéressant, rempli de vie et d'histoire(s).
Une exposition intitulée : Sushi mat Gaardebounen an bacalhau préparée par Bruno Balzer, photographe et Paca Rimbau pour les textes, à la suite d'une commande publique de 2003, témoigne des cuisines migrantes et de leurs rencontres.
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Le jardin du migrant - ReTour de Babel |
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Par contre, pour manger espagnol, il faut plustôt aller du côté du Café Paella (rue des Minières), dans la Petite Italie.
Et si vous avez envie de manger français, tout près de Dudelange, un excellent restaurant gastronomique vaut vraiment le détour. Il se trouve à Zoufftgen (à la frontière, du côté français) et se nomme "La Lorraine". Cuisine de bonne qualité, produits du terroir.
Pour la première fois au Luxembourg ? Pour tester la gastronomie traditionnelle luxembourgeoise, il vaut mieux commencer par un lexique de base pour savoir quoi commander :
Judd mat Gaardebounen : collet de porc fumé, aux fèves des marais.
Bouneschlupp : une soupe aux haricots verts à laquelle on peut ajouter des carottes, des oignons, des poireaux, du céléri, des pommes de terre, du lait ou de la crème, mais aussi du lard fumé.
Kuddelfleck : des tripes servies panées ou avec une sauce tomate piquante.
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