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institut européen des itinéraires culturels
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Laurie HOLZER
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10 Mars 2010
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Roi détrôné de Pologne et beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczynski (1677-1766) est le dernier des Ducs de Lorraine.
Laurie Holzer
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DE LA POLOGNE A LA LORRAINE |
De la Pologne à la France
Stanislas Leszczynski naît à Lwów (Pologne - aujourd'hui Lviv en Ukraine) le 20 octobre 1677. Il est le fils unique de Rafal Leszczynski, Duc et Comte de Lesno, Palatin de Lenezin, et d'Anna Katarzyna Jablonowska. Il débute sa carrière politique en 1696 après la mort du roi Jean Sobieski.
En 1702, la Pologne est envahie par le roi Charles XII de Suède, qui oblige la noblesse polonaise à destituer le roi Auguste II de Saxe. En 1704, il place Stanislas Leszczynski sur le trône. Mais en 1709, Charles XII de Suède est vaincu par les Russes à Poltava, Auguste II de Saxe retrouve son trône et Stanislas est contraint à l'exil.
Après une dizaine années d'errance, qui le mène de Bender où il est emprisonné par les Turcs en 1713, au duché des Deux-Ponts, dont son ami Charles XII lui a cédé la jouissance en 1714, il s'installe à Wissembourg, dans l'Intendance d'Alsace, où le Régent lui offre une résidence et une modeste pension.
En 1725, le mariage inespéré de sa fille Marie Leszczynska avec le jeune Louis XV va lui ouvrir les portes d'une nouvelle vie. Stanislas perçoit désormais une pension de la France et il s'installe à Chambord, puis à Ménars.
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Le retour en Pologne
En 1733, la mort du roi Auguste II de Saxe entraîne un problème de succession en Pologne. Stanislas repart secrètement pour sa terre natale avec le soutien de la France à sa candidature au trône. Il est élu roi, mais son rival, Auguste III, fils du roi défunt, n'accepte pas cette victoire. C'est la guerre de succession de Pologne. Auguste III de Saxe, avec le soutien de la Russie et de l'Autriche, parvient à renverser Stanislas, qui doit se réfugier à Dantzig, d'où il s'enfuit sous un déguisement. Il regagne la France.
Stanislas, Duc de Lorraine
Par une subtile manipulation diplomatique, Stanislas - beau-père de Louis XV et Roi de Pologne ayant perdu son royaume - se voit attribuer les Duchés de Lorraine et de Bar en 1736. Disposant en réalité de peu de pouvoir, puisqu'il gouverne sous l'étroite surveillance de la France, Stanislas se consacre essentiellement au développement artistique et culturel de son Duché.
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STANISLAS EN LORRAINE |
Les châteaux de Stanislas
Stanislas installe sa cour à Lunéville, mais il fréquente aussi son château de Commercy. Grâce à lui, ces deux châteaux figurent au rang des plus beaux châteaux français du 18ème siècle.
Le château de Lunéville, surnommé le "Petit Versailles Lorrain", a été construit entre 1702 et 1704 par l'architecte Boffrand pour le compte du Duc Léopold. Stanislas le fait agrandir et embellir en 1740, et y fait notamment ajouter le fameux jardin des Bosquets. Voltaire et Montesquieu fréquentent les salons du château de Lunéville qui rassemblent régulièrement écrivains, philosophes et scientifiques.
Le château de Commercy était, quant à lui, la traditionnelle résidence de chasse des Ducs de Lorraine. Stanislas le fait transformer par l'architecte Emmanuel Héré, auteur de la fameuse Place Stanislas de Nancy.
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Le château de Lunéville (http://www.chateaudeslumieres.com) |

Château de Commercy (http://www.cr-lorraine.fr) |
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LA PLACE STANISLAS A NANCY |

La Place Stanislas (Photo B.Barbier) |
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La Place Stanislas s'inscrit dans un ensemble architectural du 18ème siècle, créé par l'architecte Emmanuel Héré à la demande de Stanislas, pour réunir la Ville-Vieille et la Ville-Neuve de Nancy. Cet ensemble architectural comprend trois places, qui s'articulent du nord au sud : la Place Carrière, la célèbre Place Royale (aujourd'hui Place Stanislas) et La Place d'Alliance. Depuis décembre 1983, cet ensemble fait partie du Patrimoine Mondial de l'Humanité, l'UNESCO lui ayant décerné ce précieux label pour son "intérêt exceptionnel et sa valeur universelle".
Quelques précisions sur La Place Stanislas
Jusqu'au milieu du 17ème siècle, une vaste esplanade séparait le Ville-Vieille et la Ville-Neuve de Nancy. Stanislas va projeter d'y établir une place pour honorer et glorifier son gendre Louis XV, roi de France, qui lui avait permis d'obtenir les Duchés de Lorraine et de Bar.
En mars 1752, la première pierre du premier pavillon est posée et la place Royale est officiellement inaugurée en 1755. Elle comportait à l'origine une statue de bronze de Louis XV, qui disparut à la Révolution Française. En 1831, la place va accueillir la célèbre statue représentant Stanislas.
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DEUX CELEBRES INVENTIONS GASTRONOMIQUES DE STANISLAS |
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Stanislas était un bon vivant et il aimait recevoir. Il disposait de trente serviteurs pour la cuisine et le service de table : une telle équipe n'était pas de trop au vu des quelques 300 convives que Stanislas accueillait presque chaque soir dans son château de Lunéville !
Gourmand et gourmet, on doit à Stanislas deux célèbres douceurs lorraines. Les connaissez-vous ?
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Le baba au rhum
Un jour, Stanislas trouve son kouglof (gâteau traditionnel d'Alsace) trop sec et demande du vin de Malaga pour l'arroser. Il goûte à nouveau son gâteau, puis renvoie le vin en cuisine pour y faire ajouter du safran. Satisfait du nouveau résultat, il demande à ce que ce kouglof arrosé d'alcool devienne un gâteau à part entière et qu'il soit souvent proposé à sa table. Sa lecture favorite du moment étant les Contes des Mille et Une Nuits, il décide d'appeler ce gâteau Ali-Baba.
La recette se transforme au goût français et on confectionne désormais les babas avec de la pâte à kouglof et ils sont arrosés de rhum ou de kirsch. Le Baba au Rhum de Stanislas est introduit à Paris au début du 19ème siècle par Stohrer, ancien pâtissier de Stanislas, originaire de Pologne comme lui.
La madeleine de Commercy
La création de cette savoureuse recette remonte à 1755, lors d’une fête donnée par Stanislas au château de Commercy. Le festin manque d'être compromis suite à une violente altercation en cuisine entre le pâtissier et l'Intendant du Roi : le pâtissier, furieux, quitte ses fourneaux et détruit tous les desserts qu'il venait de préparer. Une jeune servante, Madeleine, propose alors de confectionner des petites pâtisseries à cuisson rapide d'après une recette qu'elle tient de sa grand-mère. Comblé par ce délicieux petit gâteau et pour féliciter sa servante de lui avoir sauvé la mise devant ses invités, Stanislas décide de lui donner le prénom de la jeune fille.
C'est ainsi qu'est apparue la "Madeleine" de Commercy. Stanislas fait envoyer des Madeleines de Commercy à sa fille Marie à Versailles, où les madeleines remportent un vif succès: Marie Leszczynska va contribuer à répandre leur notoriété, tout comme le fera aussi Marcel Proust un plus tard.
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LA MORT DE STANISLAS |
Le 5 février 1766, en s'approchant d'une pendule placée sur une cheminée de son appartement, Stanislas met le feu à sa robe de chambre. Il sonne, mais aucun domestique ne l'entend. Il cherche alors à éteindre lui-même le feu, mais n'y parvient pas et tombe dans le brasier. Quand on finit par l'entendre, il est malheureusement trop tard: tout un côté du corps de Stanislas est brûlé et l'une de ses mains est calcinée. A sa vieille gouvernante qui l'aide à se relever du brasier et qui se brûle elle-même en l'aidant, Stanislas dit en plaisantant: "Madame, qui eut cru qu'à nos grands âges, nous brûlerions un jour des mêmes feux ?". Stanislas meurt des suites de ses blessures 17 jours plus tard, le 23 février, à l'âge de 88 ans.
Sa mort marque le rattachement de la Lorraine à la France.
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Les photos de Stanislas reproduites ici sont libres de droits.
La gravure représentant le château de Lunéville est extraite du site Internet du Château (http://www.chateaudeslumieres.com), celle du château de Commercy du site du Conseil Régional de Lorraine (http://www.cr-lorraine.fr).
La photo de La Place Stanislas de B.Barbier a été envoyée par le CRT Lorraine, que nous remercions pour son aide.
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